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03.04.2009

L’opéra de Lille, un perpétuel théâtre

Le temps d’une visite, et juste avant que les danseurs du Hongrois Joseph Nadj ne montent sur scène, l’institution métropolitaine nous ouvre ses portes. De la grande salle à l’italienne aux toits de l’opéra, envers du décor.

 

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Sur scène, on s’affaire. « Monte la perche 13, accroche les lumières sur la 12 ! Tu peux aussi charger le son sur la 16 ! » Le plancher, noir, s’éclaire, s’éteint. Intempestivement. Une armée de techniciens vont et viennent, deux metteurs en scène supervisent, un plan sur les genoux. Dans moins de 48h, l’opéra de Lille accueillera la première de « Entracte ». « Un ballet », précise Agathe Givry, responsable de la communication de l’établissement culturel. Ici, à chaque nouvelle représentation, le « plateau » subit un lifting, il est totalement remodelé « selon les besoins ». C’est l’effervescence. Pour Joseph Nadj, le chorégraphe, il sera simplement agrémenté de nouvelles ampoules et de miroirs. Le minimum contemporain. « Ce qui attire à l’opéra de Lille, c’est justement la programmation, sourit Agathe Givry. Danse, opéra, musique… Elle peut être classique comme moderne, en restant toujours pointue et exigeante ». Ainsi la grande salle à l’italienne, parée de dorures et de velours rouge, se remplit à chaque nouvelle séance à près de 90%. « Un succès».

Fleurs et béliers, cour et jardin
Lorsqu’on arrive à l’opéra, passée la billetterie, la guide nous accueille dans l’ancien fumoir, situé sous la scène. Tapis rond et rouge, colonnes de marbre blanc et gris, « il était surtout utilisé par les hommes au début du siècle. Mais aujourd’hui, les spectateurs entrent par l’entrée principale ». Là, dans le hall vitré, un tissus blanc recouvre les marches de l’escalier d’honneur, et attire l’attention d’Agathe Givry : « C’est pour le protéger avant les soirs de représentations. » Veillé par deux vases de marbre vert, et par les angelots du plafond, il menait, « à l’époque », « les riches » au parterre de la salle d’opéra. « Les places les plus prisées, souligne la guide. A l’opéra, la hiérarchie sociale était aussi respectée. Les moins riches devaient emprunter un second escalier pour atteindre les balcons, voire le pigeonnier, qui est le cinquième et dernier étage de la salle ». Quant aux « loges royales », elles avaient leur propre accès, dérobé. De là, la meilleure vue sur la salle. Et sur les petits détails qui la composent : une coupole en bas-relief, travaillée, ornée de fleurs et de têtes de bélier, « représentation de tous les arts et ode à la féminité » ; une fosse d’orchestre de 27 mètres de longueur pour soixante-dix musiciens ; au-dessus, une citation gravée en guise de bon œil : « Ad alta per artes », « S’élever au-dessus des arts ». « Les artistes ont aussi leur superstition. » Dans la salle de spectacle, interdiction de souffler le mot « corde », de porter du vert, ou de désigner la « gauche » de la « droite » ; on s’oriente par rapport à la « cour », et au « jardin ».

Ballet insolite
Mais contre toute attente, le plus étonnant à l’opéra reste ses toits. Situés au-dessus du studio de répétition, ils surplombent le centre ville lillois, face à la Vieille Bourse. Et cachent une autre activité, quoique tout aussi artistique : la récolte de miel. Là, trois ruches et leurs abeilles travaillent sans cesse, tranquillement, en harmonie. Cela doit être ça, « Ad alta per artes ».

J.F.

 

Une ode à tous les arts, un style cosmopolite

DSC_1200.JPG Inauguré quelques années après la Première Guerre mondiale, en 1921, l’opéra de Lille intervient dans le plan de réaménagement de la Vieille place, lancé en 1907. Entouré par la Vieille Bourse et la Chambre de commerce et d’industrie, il s’érige ainsi à la place de l’ancien théâtre lillois. Véritable institution, bâtiment incontournable des guides de la métropole, l’opéra de Lille intrigue et séduit par sa structure qui mélange les genres : baroque pour ses fresques, aux allures antiques avec ses colonnes et ses statues, et inspiré de la Renaissance pour ses plafonds peints. Sur sa façade, le fronton reste cependant classique, avec une composition symétrique : « glorification des arts », il rappelle selon Agathe Givry que l’opéra est avant tout un lieu dédié à tous les genres, « et pas seulement à la musique et au chant ». Le projet, éclectique, innovant, avait été présenté anonymement par Louis-Marie Cordonnier, célèbre architecte Lillois alors à l’origine de la réhabilitation du Grand boulevard. En 1998, l’opéra ferme ses portes pour une rénovation totale, qui durera six ans.

 

En chiffres

4
L’opéra de Lille ne programme au maximum que quatre pièces chaque année. En début de saison, il a notamment accueilli « Les Noces de Figaro » de Mozart, et « La Périchole », d’Offenbach. 

27
En mètres, la largeur de la scène et du studio de répétition. Un espace modulable grâce au jeu des décors et des rideaux, selon les besoins des représentations.

70
La fosse, installée devant la scène, peut contenir 70 musiciens au maximum. C’est aussi le nombre de perches permettant d’accrocher le son et la lumière au-dessus de la scène, la moitié d’entre elles étant informatisées.

90
Le nombre total de représentations par an, avec la musique et la danse, et le taux, en pourcentage, de remplissage sur une saison.

1 138
Après rénovation, le nombre de places assises dans la grande salle, répartis sur cinq niveaux : le parterre, trois balcons et, tout en haut, le « pigeonnier », ou « paradis ».

10.02.2009

La femme cachée du Petit Poucet

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Bernadette Appert et la Compagnie Zaoum livrent avec La femme de l'Ogre une nouvelle version du célèbre conte. À découvrir ce soir au théâtre Massenet et au mois de mars sur la scène du théâtre Zem.


 

Sur le synopsis de la pièce, cette petite note : « C'est à croquer à partir de 10 ans. » Or, si l'on savait l'histoire du Petit Poucet sombre à raconter aux enfants, avec la version de Bernadette Appert, on leur imposerait presque la censure. Au Théâtre Massenet début février, avec la Compagnie Zaoum, l'auteur et comédienne interprétait pour la première fois La femme de l'Ogre, contre-pied et « partie sombre » du Petit Poucet: l'histoire d'une mère seule face à la mort de ses enfants. « En travaillant sur le conte, explique Bernadette Appert, je me suis demandé pourquoi ce personnage reste dans l'ombre, pourquoi il est totalement occulté alors que son rôle est fondamental. » Qui est vraiment cette femme ? Que se passe-t-il dans sa tête quand elle découvre la mort de ses enfants ? Car rappelez-vous : au lieu de tuer le Petit Poucet et ses frères, son ogre de mari, par erreur, égorgera ses propres filles.

Écrit l'an dernier, adapté en BD par son mari, Étienne Appert, La femme de l'Ogre a été mis en scène par le Lillois Nicolas Ory. En revisitant le conte de Charles Perrault, « Bernadette m'a donné matière à promener le spectateur comme dans la balade de la vie, de la joie à la terreur, souligne ce dernier. Car à partir de cette histoire, l'idée est de parler d'une femme d'aujourd'hui, des relations entre êtres humains et de leur fragile équilibre ». Et de nous poser cette question, reprend Bernadette Appert : que se passe-t-il pour nous quand tout s'écroule ?

Ogresse rockeuse
Première scène, la comédienne gît en robe de mariée (trouée, mais blanche) sur une table de bois. Le plateau est couvert de cailloux blancs. Le lustre, couvert de fourchettes argentées. Tirade après tirade, entre récit et monologue, à la fois narratrice et femme de l'ogre, la comédienne décuple en une heure ses rôles et ses émotions. Portée par les xylophone, guitares et batterie de quatre musiciens, elle bascule « avec ambiguité » de la joie au chagrin, de l'émerveillement à l'effroi, face à « la beauté et l'horreur de son mari ». Au début gaie, quelque peu naïve, même « virginale », la femme de l'ogre terminera rockeuse, brute, « archaïque ». « La violence du meurtre a réveillé en elle un côté masculin, plus bestial. » Elle devient à son tour ogresse, monstre. Elle chante et se nourrit de gens et de colère pour survivre. Bernadette Appert, elle, l'excuse : « Comme elle, quand on a mal, on cherche des moyens pour oublier. »

 

J.F

28.01.2009

Les étudiants, connectés rusés

De 30 à 45 euros par mois ? Pas toujours prêt à casser leur tirelire pour une connexion Internet, de nombreux étudiants rivalisent de stratagèmes pour avoir accès à la toile à moindre coût. Exemples.

Marie, 20 ans, a trouvé le moyen de convaincre sa voisine de partager...
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Autre possibilité, les cyber-cafés. Pour Chloé, 22 ans, étudiante en sciences politiques, c'est un bon moyen quand les connexions lui font défaut.
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Flore, 24 ans, prépare son entrée à l'école des avocats. Pour elle, Internet est totalement gratuit.

 

 

 
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